LES FILMS DU PARADOXE sont heureux de distribuer en France ce coffret prestigieux, composé de 7 DVD, qui réunit l'oeuvre intégrale de Norman McLaren. Prix public 99 euros.
Une année Norman McLaren sera célébrée aux quatre coins de la planète...
Le Centre Georges-Pompidou de Paris, l'Arsenal de Berlin, le BFI de Londres, le MOMA de New York : quelques-unes des plus grandes institutions culturelles de la planète rendront hommage au cours des prochains mois au cinéaste d'animation montréalais Norman McLaren.

Le président de l'Office national du film, Jacques Bensimon, l'a annoncé au Festival de Cannes, où ont été lancées les célébrations marquant les 65 ans des studios d'animation de l'ONF.
Le prestigieux rendez-vous cannois a donné le ton à cet anniversaire, en consacrant sa section «Cannes Classics» (sic) à l'oeuvre de McLaren. Il s'agissait d'un double précédent : jamais un cinéaste d'animation ni même un créateur canadien n'avait eu droit à un tel honneur.
L'événement témoigne de la volonté de l'ONF de souligner de façon «absolument spectaculaire» sa contribution au monde de l'animation.
Dans la foulée du festival, l'office lancera le 5 juin en France l'intégrale de l'oeuvre de McLaren en format DVD. Le coffret sortira au Canada et aux États-Unis l'automne prochain. On y retrouvera les 58 films réalisés par le maître montréalais de l'animation, des bouts d'essai inédits (dont un qui met en scène le personnage de Charlie Chaplin) et 15 documentaires éclairant son oeuvre.
«Nous sommes dépositaires d'un patrimoine mondial, explique Jacques Bensimon. Il était important de redonner le plein potentiel de ces images, en tirant profit des nouvelles technologies. Avec ce DVD, l'ONF crée une référence sur la manière de saisir l'oeuvre d'un cinéaste.»
Vingt ans après sa disparition, une série de manifestations viendra par ailleurs donner, en Europe et en Amérique, voire en Asie, un coup de projecteur sans précédent sur l'univers de McLaren.
Le Centre Georges-Pompidou ouvrira le bal en octobre en lui consacrant une grande rétrospective hommage. Suivront le British Film Institute de Londres en janvier 2007, l'Arsenal de Berlin en mars, puis, quelques mois plus tard, le Museum of Modern Art de New York. À Los Angeles, l'«Academy of Motion Picture Arts and Sciences» présentera même une soirée privée en hommage au fondateur du studio d'animation de l'ONF, admiré en son temps par des artistes comme Picasso et Cocteau.
À ces manifestations s'ajouteront, de Nice à Halifax en passant par Toronto ou Vancouver, toute une série d'hommages à McLaren, qu'il s'agisse de rétrospectives dans les grands festivals ou de soirées spéciales dans des cinémathèques.
«Ce sera l'occasion de redécouvrir une oeuvre universelle, intemporelle et géniale», signale Jacques Bensimon, trop heureux d'utiliser à bon escient un qualificatif trop souvent galvaudé.
Visionnaire, Mclaren demeure «un artiste d'une grande actualité», même si ses grattages sur pellicule semblent nous ramener à un temps préhistorique où le numérique n'existait pas. Son oeuvre n'en est que plus éclairante, dit Jacques Bensimon, en invitant ses héritiers à «ne pas s'enfermer dans le formol de l'Histoire».
«A chaque film, McLaren a placé la barre très haut, rappelle le patron de l'ONF. À chaque film, il inventait une nouvelle approche. Il se serait intéressé aux nouvelles technologies de la même manière. Il aurait relevé, sans doute avec le même génie, le défi de créer des films pour les téléphones portables ou aux iPod.»
Né en Ecosse en 1914 et décédé en janvier 1987 à Montréal, Norman McLaren a mené l'essentiel de sa carrière à l'ONF. Il y a réalisé une soixantaine de films, dont «Voisins» (1952), qui lui a valu un Oscar, et «Blinkity Blank», Palme d'or du court métrage à Cannes en 1955.
Michel Dolbec